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Faune

Depuis les années 1970, plusieurs inventaires ont permis de reconnaitre la richesse qui se trouve sur le bassin versant du lac Brome. Nous savons qu’il y a au moins 158 espèces animales présentes sur le territoire. Les inventaires ont ciblé principalement le lac lui-même et le ruisseau Quilliams. Ainsi, un grand nombre de secteurs sont encore à étudier. Les groupes les mieux connus sont les oiseaux, les reptiles, les poissons, les crustacés et les libellulidés. Jusqu’à ce jour, aucune étude n’a listé les mammifères présents sur le territoire. 

Inventaire ornithologique

L’inventaire de l’avifaune a été réalisé durant la période de reproduction de la plupart des oiseaux,  soit  du 7 au 9 juin 2011 inclusivement.  Le biologiste François Morneau a été responsable de mener  l’étude et d’identifier les oiseaux notamment grâce à leur chant ou cri distinctif.  En se déplaçant lentement en canot dans huit milieux humides, les oiseaux vus ou entendus dans un rayon de 75 mètres ont été notés.  La repasse de chant à l’aide d’un magnétophone a aussi été utilisée pour détecter la présence d’oiseaux aquatiques comme le Petit Blongios et les râles.

Au total 53 espèces d’oiseaux ont été repérées dans l’ensemble des huit milieux humides. De ce nombre, 12 ont été attribuées au groupe des anatidés et oiseaux aquatiques, 1 seul aux oiseaux de proie et 40 au grand groupe des passereaux et oiseaux terrestres. La plupart des espèces (50) ont été classées comme nicheuses.

 
 

Les anatidés

et les oiseaux aquatiques

 

Cinq espèces d’anatidés (oies et canards) ont été identifiées: la Bernache du Canada, le Canard branchu, le Canard colvert, le Harle couronné et le Plongeon huard. 

 

Quant aux oiseaux aquatiques, les espèces suivantes ont été observées : le Butor d’Amérique, le Grand Héron, le Râle de virginie, la Bécassine de Wilson, le Goéland à bec cerclé et le Martin-pêcheur d’Amérique.

Image by Oleh Morhun
 
 
 
 

Le paresseux et oiseaux terrestres
 

Cet important  groupe d’oiseaux réunissait plusieurs espèces de Pics (4), de Moucherolles (4), de Tyrans (2), de Viréos (2), d’Hirondelles, de Parulines (5), de  Bruants (2), etc. (Voir rapport pour la liste complète des espèces).  Deux mâles Troglodytes des marais ont été entendus au ruisseau Coldbrook. Cet oiseau relativement rare en Estrie affectionne les marais de quenouilles.


 

Tous les milieux humides du lac Brome ont montré une diversité importante d’espèces d’oiseaux. Ceux-ci sont d’une grande valeur pour l’avifaune qui y trouve des lieux pour s’alimenter, se reproduire et se reposer.  Les ruisseaux Quilliams et Coldbrook ont montré une diversité plus qu’intéressante avec respectivement 37 et 33 espèces d’oiseaux.  La protection des milieux humides autour du lac est essentielle pour éviter la disparition d’espèces à l’échelle locale.

Inventaire herpétologique

L’inventaire des amphibiens et reptiles a été effectué les 20 et 21 juin et les 1er et 2 août 2011 par le biologiste Patrick Galois. Plusieurs ruisseaux ont été parcourus en canot pour y observer notamment les tortues ou à pied sur les rives accessibles du lac autour de l’embouchure des ruisseaux pour y faire des fouilles et écouter les chants de reproduction des Anoures (grenouilles, rainettes et crapauds) en soirée. De plus, un effort a été consenti pour identifier des sites de reproduction des anoures et des sites de ponte de tortues.

Douze espèces herpétofauniques ont été confirmées par l’inventaire. De ce nombre on y compte un total de 5 espèces d’Anoures, de 3 espèces de Salamandres, de 1 espèce de Couleuvres et de 2 espèces de Tortues. Ces animaux ont été observés et/ou entendus sur une période de 4 jours dans les 8 stations d’inventaire autour du lac Brome (ruisseaux, marais, rivière).  De ces espèces d’amphibiens et de reptiles, 2 possèdent des statuts particuliers.  La Salamandre sombre du Nord est susceptible d’être désignée ‘’menacée ou vulnérable’’ par le Gouvernement du Québec (2011) et la Tortue serpentine, espèce désignée préoccupante au Canada par le COSEPAC (2011) (fédéral).

Amphibiens

Anoures et Urodèles

Les Anoures et les Urodèles (salamandres, nectures et tritons) sont représentés au Québec par respectivement 11 et 10 espèces. Au lac Brome,  l’inventaire a permis de confirmer la présence de 7 Anoures relativement bien dispersés (sauf ruisseau Inverness) dans les différents milieux humides : le Crapaud d’Amérique, la Grenouille des bois, la Grenouille du Nord, la Grenouille léopard, la Grenouille verte, le Ouaouaron et la Rainette versicolore.  De plus, il a été possible d’identifier plusieurs sites de reproduction des Anoures dans les milieux humides.

Quant aux Urodèles, 3 espèces ont été vues soient : la Salamandre à deux lignes, la Salamandre cendrée et la Salamandre sombre du Nord.

Répartition de la diversité avienne à travers les milieux humides

 
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Les reptiles

Testudines et Squamates

Les Testudinés ou Tortues comptent 9 espèces au Québec. Une de ces espèces, la Tortue serpentine, a été retrouvée dans l’ensemble des milieux humides sauf au ruisseau Argyll et au marais filtrant McPhearson. La seule autre espèce observée a été la Tortue peinte dans la rivière Yamaska (exutoire du lac), puis au ruisseau Pearson et au ruisseau Quilliams. Des traces de ponte ont été observées à proximité de certains cours d’eau.

Quant aux Squamates (serpents et lézards), ceux-ci sont représentés par 8 espèces de serpents au Québec et aucun lézard. Au lac Brome, l’inventaire a permis de trouver une seule espèce soit la Couleuvre rayée à la rivière Yamaska.

 
 

Tous les milieux humides du lac Brome sont essentiels pour assurer la présence d’habitats permettant la réalisation des cycles biologiques des reptiles et amphibiens. La rivière Yamaska et les ruisseaux Pearson et Quilliams ont affiché une biodiversité impressionnante avec plus de 8 espèces  de reptiles et d’amphibiens.

Pour les amphibiens, les milieux humides sont des sites essentiels pour l’alimentation, l’hibernation, le repos mais aussi comme refuge aquatique et, parfois pour certaines espèces, comme site de reproduction. Les chercheurs s’entendent pour dire qu’une mosaïque de milieux humides inter-reliés comme ceux du lac Brome est fondamentale  pour le maintien à long terme de ces animaux (voir rapport). Des mesures de protection, comme une zone tampon riveraine incluse dans une zone de protection d’habitats terrestres, sont publiées et recommandées par des chercheurs afin de préserver ces animaux fragiles aux perturbations de leur milieu de vie.

Inventaire ichtyologique

L’inventaire ichtyologique s’est déroulé du 27 juin au 30 juin 2011 inclusivement. Les biologistes Isabelle Picard et Jean-François Desroches ont visité 6 milieux humides autour du lac Brome.  L’inventaire avait pour objectifs de déterminer les espèces de poissons présentes, celles à statut particulier et la valeur écologique des milieux pour fins de conservation. En général, les plans d’eau ont été parcourus en canot. Cette façon de naviguer a facilité la pose adéquate des pièges à poissons tels que les verveux, les bourolles, la seine et le filet maillant. Les habitats humides ont été caractérisés grâce à la prise de données physico-chimiques.

Au total, 17 espèces de poissons ont été capturées et identifiées pour la majorité à l’espèce. Il s’agit d’une très bonne diversité.  Deux espèces ont retenues l’attention des biologistes. Il s’agit du Mené d’herbe et du Brochet maillé. Ces poissons sont considérés comme étant en situation précaire au Québec. En effet, le Mené d’herbe est considéré vulnérable au Québec alors que le Brochet maillé est susceptible d’être menacé ou vulnérable (MRNF 2011).

Les espèces qui ont été les mieux représentées sont le Brochet maillé, le Crapet soleil et la Perchaude.  Suivent de près les espèces suivantes,  l’Achigan à petite bouche et le Mené jaune.  À part ce dernier, tous sont considérés comme des poissons de pêche récréative au Québec. Il en est de même pour la Barbotte brune qui a été recensée aussi dans deux milieux humides du lac Brome. Le nombre d’espèces de poissons retrouvées d’un milieu humide à l’autre a varié très peu soit de 6 à 9.

La baie des Colibris a retenu l’attention des biologistes par le fait que le site constitue probablement une aire d’alevinage et de croissance importante pour de nombreuses espèces de poissons du lac Brome. Plusieurs centaines de jeunes poissons ont été capturés.  De jeunes Brochets maillés (à statut précaire) y ont été trouvés en grand nombre. Les résultats de l’inventaire montrent que la baie des Colibris est certainement un milieu exceptionnel et fragile au lac Brome.  La présence de bateaux à moteur et de constructions dans cet habitat menace la diversité d’espèces de poissons et l’aire d’alevinage.  Les biologistes recommandent de protéger cette baie tout comme l’ensemble des milieux humides du la Brome pour leur fort potentiel comme habitat de reproduction et d’alevinage pour plusieurs espèces de poissons.

Bien que petit en superficie et ayant été perturbé dans le passé par le remblayage, le marais du ruisseau Inverness a aussi montré un potentiel exceptionnel comme aire d’alevinage.  Un grand nombre de jeunes perchaudes (des centaines), de Meuniers et d’Achigans à petite bouche ont été capturées à l’aide de la petite seine. La rivière Quilliams a aussi présenté un fort potentiel notamment par une forte abondance de jeunes Brochets maillés.

Renaissance lac Brome remercie tous les partenaires qui ont contribué au succès de ces inventaires, en particulier Ville de Lac-Brome pour son apport financier.

Répartition de la diversité herpétofaunique à travers les milieux humides

 

Inventaire odonates

Un inventaire de 64 espèces de libellules a été réalisé par le biologiste Alain Mochon dans la réserve faunique Quilliams au cours des étés 2013 et 2014 et mis à jour en mars 2016. Cet inventaire inédit constitue une preuve additionnelle de la qualité exceptionnelle de la réserve et de la nécessité de la préserver.

Liste révisée

des 64 espèces de libellules

Image by Dorothea OLDANI